The Fort Worth Press - Pour des victimes du séisme en Syrie, "c'est plus dur que les bombes"

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Pour des victimes du séisme en Syrie, "c'est plus dur que les bombes"
Pour des victimes du séisme en Syrie, "c'est plus dur que les bombes" / Photo: © AFP

Pour des victimes du séisme en Syrie, "c'est plus dur que les bombes"

Dans un hôpital du nord-ouest de la Syrie, Oussama Abdelhamid, blessé au front, n'arrive pas à retenir ses larmes: l'immeuble où il habite avec sa famille s'est écroulé en pleine nuit.

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Cet habitant d'un village frontalier de la Turquie a survécu par miracle au violent tremblement de terre dont l'épicentre se situe en Turquie et qui a fait des centaines de morts.

"On dormait quand on a ressenti un très fort tremblement de terre", raconte-t-il à l'AFP, vêtu d'une longue abaya brune.

"Avec ma femme et mes enfants, nous avons couru vers la porte de notre appartement au troisième étage. Dès que nous l'avons ouverte, le bâtiment tout entier s'est effondré", poursuit-il après avoir été soigné à l'hôpital Al-Rahma dans la ville de Darkouch, province d'Idleb.

En quelques instants, Oussama Abdelhamid s'est retrouvé sous les décombres du bâtiment de quatre étages dans le village d'Azmarine, mais "Dieu le protecteur" l'a miraculeusement sauvé, ainsi que sa famille, dit-il.

L'hôpital Al-Rahma est bondé, les blessés arrivant sans discontinuer par ambulances, dont un grand nombre d'enfants, selon un correspondant de l'AFP. Les corps d'au moins trente personnes sont arrivés dans l'établissement.

Dans l'une des chambres de l'hôpital, des blessés sont allongés sur des lits proches les uns des autres, certains la tête entourée de bandages et d'autres des fractures ou des hématomes.

Dans une autre pièce, une petite fille crie alors qu'on lui fait une piqûre, avant de lui poser un plâtre à la main. Un garçon à la tête bandée est assis près d'elle.

- "Sous les décombres" -

"La situation est très grave, de nombreuses personnes sous toujours sous les décombres d'immeubles résidentiels", déclare à l'AFP Majid Ibrahim, un chirurgien.

Dans ces zones tenues par les rebelles qui combattent le régime de Damas, on dénombre au moins 221 morts.

Mohammed Barakat, 24 ans et déjà père de quatre enfants, est allongé sur un lit de l'hôpital Al-Rahma, où il est soigné pour des blessures au visage et une fracture de la jambe, provoquées par la chute d'un mur sur lui.

"Nous avons quitté la maison parce que c'est un rez-de-chaussée et elle est ancienne. Mais les murs des bâtiments voisins ont commencé à nous tomber dessus alors que nous étions dans la rue", raconte-t-il à l'AFP.

Dans la ville de Sarmada, au nord d'Idleb, un bloc de bâtiments contigus a été aplati, alors les panneaux solaires et réservoirs d'eau sont restés intacts. Matelas et couvertures jonchent les décombres.

Un photographe de l'AFP a vu des secouristes essayer de dégager les décombres à la recherche de survivants, tandis qu'un bulldozer et d'autres véhicules soulevaient les toits et les murs.

- "Jugement dernier" -

Le séisme de magnitude 7,8 a frappé lundi à l'aube le sud de la Turquie, où le bilan s'élève désormais à plus de 900 morts. En Syrie, pays voisin, près de 600 morts ont été dénombrés au total. Le pays en guerre depuis bientôt 12 ans est divisé entre zones contrôlées par le pouvoir et régions tenues par les rebelles.

Lorsqu'il a ressenti le tremblement de terre, Anas Habache, 37 ans, est allé chercher son enfant et a demandé à sa femme enceinte de le rejoindre en courant à l'entrée de leur appartement situé au troisième et dernier étage d'un immeuble de la ville d'Alep.

"Nous avons dévalé les escaliers comme des fous, et dès que nous sommes arrivés dans la rue, nous avons vu des dizaines de familles effrayées", dit-il.

"Il y en avait qui étaient à genoux en train de prier, d'autres pleuraient, comme si c'était le jour du jugement dernier", ajoute-t-il.

"Je n'ai rien senti de pareil pendant toutes ces années de guerre, la situation est beaucoup plus dure que les bombes", affirme Anas Habache.

J.P.Estrada--TFWP