The Fort Worth Press - Le Venezuela boucle sa frontière avec la Colombie avant l'investiture de Maduro

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Le Venezuela boucle sa frontière avec la Colombie avant l'investiture de Maduro
Le Venezuela boucle sa frontière avec la Colombie avant l'investiture de Maduro / Photo: © AFP/Archives

Le Venezuela boucle sa frontière avec la Colombie avant l'investiture de Maduro

Le Venezuela a fermé vendredi sa frontière avec la Colombie, invoquant un "complot international", quelques heures avant l'investiture du président sortant Nicolas Maduro qui doit prêter serment pour un troisième mandat de six ans malgré les accusations portées par l'opposition de fraudes électorales.

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"Nous avons des informations concernant un complot international visant à troubler la paix des Vénézuéliens" et "nous allons ordonner, sur instructions du président Nicolas Maduro, la fermeture de la frontière avec la Colombie", a déclaré Freddy Bernal, le gouverneur de l'Etat régional de Tachira, à la frontière avec ce pays.

La fermeture est effective à partir de 05H00 (09H00 GMT) et jusqu'à lundi même heure, a-t-il précisé.

Cette annonce intervient quelques heures avant la cérémonie d'investiture de M. Maduro, à la mi-journée, au lendemain de manifestations de l'opposition qui conteste la victoire à la présidentielle du 28 juillet, dont l'annonce a été suivie de troubles meurtriers et de milliers d'arrestations.

Le candidat de l'opposition Edmundo Gonzalez Urrutia assure avoir remporté ce scrutin et a répété jeudi, de la République dominicaine, à une heure d'avion de Caracas, qu'il était le "président élu". Sans faire plier celui qui a succédé en 2013 à Hugo Chavez et dirige depuis d'une main de fer le Venezuela.

"El 10, juro con Maduro por el futuro" (le 10, je prête serment avec Maduro pour l'avenir) : le slogan en rimes faciles à retenir a été placardé sur de nombreux murs pendant des semaines. Jeudi, le pouvoir a enfoncé le clou, avec une marche de soutien au président sortant qui a traversé une partie de la capitale.

- "Enlèvement" ? -

La manifestation de l'opposition a réuni des milliers de personnes qui criaient "nous n'avons pas peur !" ou tenant des pancartes sur lesquelles on pouvait lire "la liberté ne se mendie pas, elle se conquiert".

Elle a donné lieu à une certaine confusion en fin de journée quand l'opposition a annoncé la "violente" arrestation de sa cheffe Maria Corina Machado.

Quelques dizaines de minutes plus tard, l'équipe de l'opposante annonçait sa libération : "En quittant le rassemblement, Maria Corina Machado (...) a été emmenée de force. Pendant son enlèvement, elle a été forcée d'enregistrer plusieurs vidéos et a été relâchée par la suite".

Le pouvoir a démenti cette version des faits, le procureur général Tarek William Saab dénonçant "une opération psychologique en vue de déclencher la violence au Venezuela" et rappelant que Mme Machado était visée par une enquête pénale.

La cheffe de l'opposition vivait dans la clandestinité depuis la présidentielle à laquelle elle n'avait pas pu se présenter parce que déclarée inéligible. Elle a soutenu la candidature de M. Gonzalez Urrutia, qui s'est exilé en septembre.

Le Conseil national électoral (CNE) a proclamé M. Maduro vainqueur avec 52% des voix mais sans publier les procès-verbaux, se disant victime d'un piratage informatique, une hypothèse jugée peu crédible par de nombreux observateurs.

L'annonce du CNE avait provoqué des manifestations dans tout le Venezuela, durement réprimées. Les troubles post-électoraux se sont soldés par un bilan de 28 morts, de plus de 200 blessés et de 2.400 personnes arrêtées pour "terrorisme".

Une vague d'arrestations a également eu lieu dans les jours qui ont précédé l'investiture du chef de l'Etat.

- L'armée, pilier du pouvoir -

Comme pendant les manifestations de 2014, 2017 et 2019, qui ont fait plus de 200 morts, M. Maduro a pu compter sur le soutien de l'armée, un pilier de son pouvoir, ainsi que sur une justice aux ordres.

Il avait même activé un plan national sécuritaire comprenant toutes les forces de sécurité (armée, police, milices, paramilitaires, etc.) après avoir dit être la cible de nouveaux complots.

"Le secteur militaire est encore plus crucial qu'il ne l'était avant l'élection (...). Sans le contrôle des institutions militaires, le gouvernement se retrouverait avec un pouvoir extrêmement précaire", explique Mariano de Alba, un analyste spécialiste des relations internationales travaillant à Londres.

Le président socialiste, qui a promis au cours de sa campagne électorale une amélioration de la situation économique, devra trouver des solutions pour renouer avec la croissance, le Venezuela ayant enregistré une contraction de son PIB de 80% entre 2013 et 2023.

Isolé sur le plan international, il lui sera difficile de faire lever les sanctions qu'il devra donc tenter de contourner afin d'exploiter les immenses réserves pétrolières du pays sans avoir à les brader en raison de l'embargo.

La Première ministre italienne, Giorgia Meloni, a à cet égard dénoncé jeudi "un nouvel acte inacceptable de répression du régime" de M. Maduro, "dont nous ne reconnaissons pas la victoire électorale proclamée", après l'interpellation la veille de Mme Machado.

Le chef de l'Etat vénézuélien a par ailleurs promis des révisions constitutionnelles qui comportent des dispositions que de nombreuses ONG jugent liberticides et à même de fragiliser la démocratie.

A.Williams--TFWP