The Fort Worth Press - Plainte pour "traite d'êtres humains" contre Deliveroo et Uber Eats

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Plainte pour "traite d'êtres humains" contre Deliveroo et Uber Eats
Plainte pour "traite d'êtres humains" contre Deliveroo et Uber Eats / Photo: © AFP/Archives

Plainte pour "traite d'êtres humains" contre Deliveroo et Uber Eats

Des associations d'aide aux livreurs de repas ont déposé une plainte pénale pour "traite d'êtres humains" visant les plateformes Deliveroo et Uber Eats, menaçant en outre cette dernière d'une action de groupe au civil pour "discriminations", a-t-on appris jeudi auprès de leur avocat.

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"Le modèle économique repose sur l'exploitation d'une main d'oeuvre très précaire, en grande partie immigrée, dans des conditions de travail indignes, pour des revenus de survie", affirme à l'AFP Me Thibault Laforcade, évoquant une démarche "inédite" en France.

La plainte contre le britannique Deliveroo et le géant américain Uber, déposée mercredi auprès de la procureure de la République de Paris et révélée par Le Parisien, est portée par la Maison des livreurs à Bordeaux, la Maison des coursiers à Paris, et les associations d'aide aux livreurs AMAL et Ciel.

Des témoignages collectés partout en France "nous permettent d'affirmer que les plateformes font des bénéfices très importants en exploitant la vulnérabilité de ces travailleurs", accuse Jonathan L'Utile Chevallier, coordinateur de projet à la Maison des livreurs à Bordeaux.

Uber Eats assure dans un communiqué que cette "plainte, que nous apprenons par voie de presse, ne repose sur aucun fondement". Deliveroo dit contester "vigoureusement les intentions qui lui sont prêtées" et "rejette fermement toute assimilation de son modèle à une situation d'exploitation ou de traite des êtres humains".

- "Totalement dépendants" -

On dénombre entre 70.000 et plus de 100.000 livreurs en France, selon les sources. D'après une enquête menée en 2025 par Médecins du Monde (MdM) et plusieurs centres de recherche auprès d'un millier de livreurs, 98% sont nés à l'étranger et 64% sont sans titre de séjour.

M. L'Utile Chevallier évoque des livreurs "parcourant 15 ou 20 km à vélo pour trois euros net". Deliveroo répond appliquer un accord d'avril 2023 "garantissant aux livreurs un revenu horaire minimum de 11,75 euros".

Selon les plaignants, les livreurs, "totalement dépendants", sont "contraints d'accepter n'importe quelles conditions de travail". Avec MdM, ils ont également mis en demeure mercredi Uber Eats - l'entreprise sur laquelle ils ont réuni le plus d'éléments matériels - de faire cesser des "discriminations", sous peine d'engager une action de groupe.

Ils dénoncent une discrimination basée sur la vulnérabilité économique mais aussi une "discrimination algorithmique", autrement dit l'attribution de courses ou la fixation des tarifs par un système automatique opaque, explique Me Laforcade.

"En l'absence de réponse satisfaisante" sous 30 jours, l'action de groupe sera portée devant le tribunal judiciaire de Paris, et si la responsabilité de la plateforme est reconnue, les livreurs pourront rejoindre le groupe et bénéficier de la réparation décidée par le juge, détaille l'avocat, qui espère créer une jurisprudence.

Les nombreuses études et alertes sur le fonctionnement des plateformes "ne les ont absolument pas incitées à changer. Elles ont un sentiment de totale impunité car elles n'ont pas de cadre légal", déplore le coordinateur de la Maison des livreurs qui appelle à un "changement réglementaire".

S.Jones--TFWP