The Fort Worth Press - Dictature argentine, 50 ans après: la mémoire reste un combat

USD -
AED 3.672496
AFN 63.999712
ALL 80.660025
AMD 364.155001
ANG 1.790365
AOA 917.999969
ARS 1524.750559
AUD 1.417435
AWG 1.8
AZN 1.703082
BAM 1.716593
BBD 2.014833
BDT 123.096502
BGN 1.683441
BHD 0.377145
BIF 3013.033747
BMD 1
BND 1.278097
BOB 12.259622
BRL 5.1881
BSD 1.000307
BTN 95.794093
BWP 13.621802
BYN 3.022425
BYR 19600
BZD 2.011937
CAD 1.41345
CDF 2340.00052
CHF 0.828271
CLF 0.024357
CLP 961.769788
CNY 6.71325
CNH 6.7343
COP 3348.488173
CRC 454.820731
CUC 1
CUP 24.008426
CVE 96.778865
CZK 21.384398
DJF 178.136657
DKK 6.5628
DOP 59.49006
DZD 134.160706
EGP 51.788213
ERN 15
ETB 162.282003
EUR 0.87791
FJD 2.24725
FKP 0.754924
GBP 0.754689
GEL 2.615004
GGP 0.754924
GHS 11.618906
GIP 0.754924
GMD 73.497258
GNF 8797.998859
GTQ 7.639444
GYD 209.30355
HKD 7.842504
HNL 26.849519
HRK 6.613804
HTG 130.916751
HUF 320.615026
IDR 17914.1
ILS 3.04806
IMP 0.754924
INR 95.817495
IQD 1310.484048
IRR 1374575.000352
ISK 120.260189
JEP 0.754924
JMD 158.265678
JOD 0.708999
JPY 157.244982
KES 129.644095
KGS 87.448199
KHR 4068.10901
KMF 433.00033
KPW 900.000318
KRW 1354.240209
KWD 0.30864
KYD 0.833633
KZT 443.156186
LAK 22438.232325
LBP 89581.428007
LKR 330.293588
LRD 172.063018
LSL 16.32106
LTL 2.95274
LVL 0.60489
LYD 6.395752
MAD 9.599596
MDL 17.756616
MGA 4416.553298
MKD 54.043972
MMK 2099.36214
MNT 3596.164164
MOP 8.082152
MRU 40.243999
MUR 47.529762
MVR 15.449983
MWK 1734.585509
MXN 17.759903
MYR 4.074101
MZN 63.909481
NAD 16.32106
NGN 1326.379584
NIO 36.810462
NOK 9.50785
NPR 153.270725
NZD 1.749629
OMR 0.385571
PAB 1.000307
PEN 3.395971
PGK 4.456927
PHP 62.346967
PKR 277.197262
PLN 3.83775
PYG 5896.344407
QAR 3.646377
RON 4.629196
RSD 103.085092
RUB 84.346338
RWF 1478.474569
SAR 3.755913
SBD 8.000512
SCR 13.862997
SDG 601.50015
SEK 9.91775
SGD 1.2784
SHP 0.755002
SLE 24.650119
SLL 20969.491881
SOS 571.729495
SRD 37.667498
STD 20697.981008
STN 21.503489
SVC 8.753236
SYP 13002.000254
SZL 16.317198
THB 33.374966
TJS 9.228244
TMT 3.51
TND 2.961425
TOP 2.40776
TRY 48.942503
TTD 6.803879
TWD 31.728698
TZS 2654.934831
UAH 44.794751
UGX 3918.023434
UYU 40.075482
UZS 11839.206565
VES 852.43145
VND 25976
VUV 118.388248
WST 2.745723
XAF 575.871361
XAG 0.015553
XAU 0.000233347179
XCD 2.70255
XCG 1.80287
XDR 0.707052
XOF 575.871361
XPF 104.673717
YER 236.649834
ZAR 16.190531
ZMK 9001.198929
ZMW 19.513758
ZWL 321.999592
SSP 5712.5919
MXV 2.012596
  • AEX

    3.2000

    1105.55

    +0.29%

  • BEL20

    -25.9400

    5737.76

    -0.45%

  • PX1

    -7.3300

    8131.86

    -0.09%

  • ISEQ

    5.7300

    14337.15

    +0.04%

  • OSEBX

    1.2600

    2108.79

    +0.06%

  • PSI20

    21.1600

    9638.63

    +0.22%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    -20.9400

    4631.6

    -0.45%

  • N150

    -6.4200

    4271.03

    -0.15%

Dictature argentine, 50 ans après: la mémoire reste un combat
Dictature argentine, 50 ans après: la mémoire reste un combat / Photo: © AFP

Dictature argentine, 50 ans après: la mémoire reste un combat

"Plus jamais ça!": Comme chaque 24 mars, des dizaines de milliers d'Argentins défileront mardi pour commémorer le coup d'Etat qui instaura la dictature de 1976-1983. Une multitude aux accents de consensus démocratique, qui ne masque pas les luttes en jeu pour la mémoire, ravivées par l'arrivée au pouvoir de Javier Milei.

Taille du texte:

Le coup d'Etat militaire, qui renversa le fragile gouvernement d'Isabel Peron, mit en place une politique systématique de détention et d'élimination d'opposants ou perçus comme tels. Jusqu'à l'effondrement de la junte en 1983, dans le sillage de la défaite argentine dans la guerre des Malouines.

Un demi-siècle après, aperçu du legs de la dictature, et de sa mémoire:

- Quête sans fin -

L'identification début mars à Cordoba des restes de 12 disparus, sur le site d'un ancien "CCD" (centre clandestin de détention) comme le pays en compta des centaines, rappelle le travail dans l'ombre qui continue, 50 ans après.

Identification, aussi, des "bébés volés" à des détenues disparues, et donnés à des familles "amies" de la junte: le dernier en date, "petit-fils N°140", en juillet 2025. En resteraient autour de 300 à retrouver.

Les procès continuent: début 2026, plus de 1.200 personnes avaient été condamnées pour crimes et violations des droits de l'homme sous la dictature, dans 361 jugements distincts.

A l'instruction ou en procès, près de 300 procédures restent ouvertes dans différentes juridictions. Mais avec un plafond de verre potentiel, entre archives disparues, protagonistes qui décèdent, et mutisme des milieux militaires de l'époque.

"Qu'ils disent où ils sont!", réclament chaque année les marches du 24 mars, portraits de disparus brandis à bout de bras.

- Mémoire "complète"? -

"Ils ne furent pas 30.000, ils furent 8.753", clamait Javier Milei peu avant son élection à la présidence 2023, contestant le bilan communément admis de 30.000 morts et disparus des organisations de droits humains.

"Jamais on n'aurait pu imaginer ce qui allait se passer (après le coup d'Etat). Ce plan systématique, ce système conçu pour l'enlèvement, la disparition et l'assassinat...", médite Ana Careaga, qui fut détenue et torturée pendant 4 mois alors qu'elle était âgée de 16 ans.

Le chiffre brandi par le président Milei se référait à la liste officielle établie en 1984 au sortir de la dictature, liste dont la Commission des disparus (CONADEP), depuis dissoute, a toujours dit qu'elle était ouverte, vouée à évoluer.

Mais l'effet de Milei est celui d'un tabou brisé, un narratif à reconquérir: celui de la "théorie des deux démons", du "c'était une guerre". Une théorie mettant de facto sur un pied d'égalité l'élimination systématique d'opposants par l'Etat, et la violence de guérillas d'extrême gauche au début des années 70.

Une partie de l'exécutif assume ouvertement cette bataille culturelle, pour briser ce qu'il dénonce comme une hégémonie mémorielle de la gauche. En 2025, il a diffusé un long message vidéo revendiquant cette "vérité complète", avec témoignages de victimes d'attentats de guérillas de gauche.

"Quelque chose du pacte démocratique s'est rompu avec ce gouvernement", diagnostique auprès de l'AFP le politologue Ivan Schuliaquer. Mais le mouvement des droits humains "garde une capacité de mobilisation du discours, de la rue, de visibilité, sans encore de véritable adversaire à son échelle".

- "Promesse" démocratique -

"Il serait naïf de penser que le passé, la mémoire, ne fait pas l'objet de luttes politiques", résume l'historien Federico Lorenz, auteur de travaux sur la mémoire interrogé par l'AFP.

Selon un sondage récent du groupe de réflexion CELS, une écrasante majorité d'Argentins (71%) a une image négative de la dictature (7% positive). Et 70% souhaitent que les procès continuent. Mais 22% avouent savoir "peu" et 6% "rien" sur le sujet.

"Il y a une sorte de socle commun, transversal, mais qui est davantage une condamnation +morale+ de la dictature, que bien informée historiquement", décrypte pour l'AFP Federico Lorenz.

Et au-delà du travail de mémoire, des procès, des disparus à identifier, "peut-être la principale dette, la tâche en suspens, de la démocratie post-dictature, est qu'elle garantisse le bonheur des Argentins", avance-t-il.

"La promesse démocratique de 1984, le slogan du président d'alors Raul Alfonsin, était +Avec la démocratie, on mange, on se soigne, on s'éduque+. Mais un gamin d'aujourd'hui serait tout à fait en droit de dire +comme on en est loin!+"

"Une démocratie juste ne peut rester indifférente aux besoins de base des ménages, à la détérioration du travail digne", a appuyé l'Eglise argentine dans son message du 50e anniversaire. Dénonçant, sans mention explicite du gouvernement, un climat politique de polarisation, de violence verbale et d'exclusion sociale.

T.Dixon--TFWP