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Signaler les sévices, lutter contre le charlatanisme et le dopage... Le très attendu nouveau code de déontologie des pharmaciens, publié jeudi au Journal officiel, s'adapte aux évolutions du métier et remplace le précédent texte datant de 1995.
Ce nouveau cadre qui régit l'exercice de la profession accorde une place de premier plan (8 articles) aux devoirs du pharmacien envers les patients et "clarifie les actions attendues du pharmacien lorsque ce dernier est confronté à certaines situations de sévices".
Ainsi, "lorsque le pharmacien présume qu'une personne auprès de laquelle il intervient est victime de violences, de sévices, de privations ou de mauvais traitements, il est dans l'obligation d'agir par tout moyen", selon ce texte dont les travaux ont débuté en 2016.
Plus généralement, le pharmacien doit porter "secours à toute personne en danger immédiat dans la limite de ses connaissances et de ses moyens" et face aux situations de violence, il peut "procéder à un signalement au procureur de la République".
Le code de déontologie est une sorte de boussole qui guide le pharmacien dans ses devoirs, ses droits et ses responsabilités. Son non-respect peut entraîner des sanctions disciplinaires.
Le pharmacien veille par exemple "à ne pas inciter, par quelque procédé que ce soit, à une consommation abusive de médicaments" et "à ne pas favoriser le recours excessif à des examens de biologie médicale".
Il "participe à la lutte contre le dopage, ainsi qu'aux actions de prévention et de promotion de la santé publique, s'agissant notamment des infections sexuellement transmissibles et des conduites addictives".
Il contribue à la "lutte contre le charlatanisme. Il s'abstient notamment de proposer des prestations illusoires ou insuffisamment éprouvées sur le plan scientifique".
"Cette réforme attendue modernise notre cadre déontologique pour accompagner les transformations du système de santé tout en réaffirmant les piliers essentiels de nos métiers: indépendance, responsabilité et protection des patients", a déclaré Carine Wolf-Thal, la présidente du Conseil national de l’Ordre des pharmaciens.
Le texte, qui rappelle aussi l'indépendance de la profession, encadre explicitement le recours aux outils numériques.
Ce code s'applique aux plus de 75.000 pharmaciens en France inscrits au tableau de l'Ordre.
A.Maldonado--TFWP